28 mars 2011
Réveil nocturne
On est là, on attend. Debout dans l’immense nuit. Des êtres de lumière, une lumière peut-être déjà morte, on est son écho, l’extrémité perdue dans l’infini de son filament d’existence, de son frisson de volonté au détour d’un chemin qui ne mène nulle part. On a peut-être un peu avancé, sait-on jamais ? Notre illusion vitale, qui nous sera aussi fatale. Comme des gens qui tapent à une porte qui ne s’ouvrira jamais. Mais il faut taper à cette porte.
Je me réveille soudain, en pleine nuit. Paris, xxie siècle, et de la tristesse plein la tête. Mon existence est une bien bonne rigolade. Je ne me suis pas raccroché à l’enfantement, par la force des choses. Je demeure un vieux pitre, aux quelques effets plaisants. L’amour singulier m’a animé un peu au-delà de ma simple peau, qui, sinon, se serait desséchée de sottise. Aujourd’hui, qu’en est-il ?
Aussi, quand il me passe ainsi dans la tête, à la faveur d’un réveil fortuit, de hautes idées sur nous tous dans ce bain d’étoiles, je me façonne quelque vertu. A mi-chemin vers le néant, là d’où tout vient avec une force créatrice que nous ne pouvons soupçonner mais dont nous sommes les épreuves extraordinaires et là où tout finit. C’est rassurant. Et ça sauve un tant soit peu le reste vivant que je suis.
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