06 août 2011
Un enfant de Dieu
Je me raconte toujours des histoires avant de dormir. Sans ça, sans une histoire à laquelle je m’accroche corps et âme, je garde l’œil ouvert comme un rat ébloui par une transparence pénombreuse qui se gave outrageusement des sanglantes babioles du jour enseveli dans les ramassis stellaires. Les bavardages qui sont des armes, les pantins qui sont mes puissants, un écheveau de violences qui me secouent la tête dans tous les sens. Je me retourne indéfiniment vers d’improbables lendemains. Chercher une chance de survie qui enfin me soulage et m’envoie dans mon monde retrouvé. L’âme au frais, les yeux clos sur un eden intime. Les mystères glorieux se succèdent dans ma nuit aux cinq cent mille anges envolés des enfers. Quelle affaire ! je m’exclame en un soupir sonore. La ville me borde comme toujours de ses immenses mosaïques, impressions permanentes. Une grotte céleste de sens. Je m’endors, alors, peut-être. Réveillons-nous un poil de seconde, bordel de Dieu, dans ce sommeil éternel pour clamer un sacré merci à Cormac McCarthy, dont je viens de lire Un enfant de Dieu, qui vient de me faire passer l’une de mes plus belles nuits sur cette salope de planète.
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