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<title>Le cercle de solitude</title>
<description>Le cercle de solitude</description>
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<lastBuildDate>Thu, 26 Apr 2012 00:44:09 +0200</lastBuildDate>
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<title>Planète de rêve</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (claude G)</author>
<category>Le siècle de S</category>
<pubDate>Wed, 25 Apr 2012 04:04:00 +0200</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: helvetica; font-size: x-small;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;La nuit dernière, S. est parti vivre et travailler sur une autre planète. D’après lui, cette planète est aussi vieille que la Terre et aurait pour nom Triland. Elle est invisible depuis la Terre, et son existence est cachée de tous. A la grande surprise de S., des vaisseaux embarquent des Terriens pour Triland depuis la montagne proche de son village natal au Mali. Mais c’est seulement par petits groupes qu’on les envoie sur Triland. Car cette planète secrète ne connaît ni maladie ni souffrance. Elle est peuplée de gens «&amp;nbsp;très accueillants et très intelligents&amp;nbsp;», qui veulent bien venir en aide aux Terriens, ces pauvres êtres victimes de tous les fléaux, mais ne pas en être envahis. Ce sont des Blancs – « tellement blancs qu’ils brillent » – qui la peuplent depuis toujours. Le seul Noir que S. y a rencontré est un vieux sage qui lui a raconté l’histoire de Triland et sa fonction, en quelque sorte, de trop-plein occulte de la Terre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: helvetica; font-size: x-small;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;S. y a trouvé un travail d’éboueur. «&amp;nbsp;Je préfère mille fois être éboueur sur Triland plutôt qu’être président ici&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» L’argent n’y a pas cours. Un ordre fraternel et solidaire règne. Dans les villages qu’il traverse au cul du camion benne, les habitants font de grands signes en souriant à leur passage&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Eh, les Terriens, bienvenue&amp;nbsp;!&amp;nbsp;» Le paradis, selon S. Qui se trouve au matin bien triste de se réveiller sur Terre. «&amp;nbsp;Je m’y croyais vraiment…&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: x-small; font-family: helvetica;&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Réveillé cette nuit par mes fantômes que j’ai toujours au ventre, je regarde dormir S. Il a encore le sourire aux lèvres.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Le baiser</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (claude G)</author>
<category>Enclises</category>
<pubDate>Thu, 05 Apr 2012 19:36:40 +0200</pubDate>
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&lt;blockquote&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 14.2pt;&quot;&gt;« Père m’a appris ça : on ne choisit pas, jamais, qui on aime ou rencontre. On va devant ce que le hasard donne, lépreux, colère ou joie. Mais alors, on doit tout livrer, le sou, bien sûr, et par-dessus, le baiser, la douceur, à foison. »&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;margin-left: 14.2pt;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'Book Antiqua';&quot; lang=&quot;FR&quot;&gt;Jean V&lt;span style=&quot;font-variant: small-caps;&quot;&gt;édrines, &lt;/span&gt;&lt;em&gt;Stalag&lt;/em&gt;, La table ronde, 2004, p. 105.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
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<title>D’un bouchon l’autre</title>
<link>http://lecercledesolitude.hautetfort.com/archive/2012/03/25/d-un-bouchon-l-autre.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (claude G)</author>
<category>Le siècle de S</category>
<pubDate>Sun, 25 Mar 2012 17:28:00 +0200</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3504976&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lecercledesolitude.hautetfort.com/media/01/01/396859973.2.jpg&quot; alt=&quot;paris-ciel-5_jpg.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Hier, avec S., nous fêtons&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://horloge-parlante.orange.fr/index.php/changement-d-heure.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;la dent en moins&lt;/a&gt; dans la mécanique qui nous broie – ou une dent en plus&amp;nbsp;? Le soir, on se perd dans cette sournoise mathématique, S. mesure toute la volatilité du repère qui s’affiche sur nos cadrans corporels. Mais je ne suis pas mécontent de passer à un autre régime que celui qui m’a anéanti, sous l’empire d’un dieu enfantin, pervers et fou. J’ai la sensation de me carapater dans un monde parallèle, autre, aux chemins neufs, aux démons familiers restaurés.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Ainsi,&amp;nbsp;&lt;a href=&quot;http://lecercledesolitude.hautetfort.com/archive/2012/03/07/les-batards-de-la-gare.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;bâtards fidèles et ensoleillés&lt;/a&gt; dans le printemps rieur, nous retournons gare du Nord. Ah&amp;nbsp;! qu’elle est belle, notre gare énorme, noyée de soleil&amp;nbsp;avec le monde d’un dieu joueur qui erre à ses gros flancs. On avise un restaurant de viande industrielle dont je me souviens qu’autrefois c’était un rade comme il en pulullait là, où des recalés du monde se récupéraient tant bien que mal dans des breuvages consolateurs de leur chagrin nuiteux. Mais nous voici la gueule carnivore et joyeusement bavarde, au mitan du jour. Alors comme d’habitude ce frais petit Noir et ce vieux grand Blanc étonnent nos copains d’un moment, les petites familles s’éberluant à nos esclaffements. C’est notre façon de fêter la ripaille et la tripaille de notre sainte ventraille, honnêtes gens&amp;nbsp;! Les bâtards vous saluent et vous souhaitent un appétit de tous les diables&amp;nbsp;! L’espèce perdurera un peu encore, on dirait bien.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Et nous retournons à la gare. Là, comme de bien entendu, la foire. Le cheminement de drames ordinaires sous les hautes voûtes songeuses. De petits Romanis se font courser par des vigiles aux grosses mâchoires et même des flics à vélo mêlent leur danse pédalée aux essoufflements qui se dispersent. Quelques prostitués. Mornes. Avec S., nous évoquons encore le passé d’ici. Il me raconte qu’à l’époque mémorable des toilettes en feu des flics s’envoyaient en l’air aussi, dans les cabines. Me voici rassuré sur la marche du monde : l’autorité a ses branlements.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Puis nous décidons de pousser jusqu’à cette autre gare voisine, la plus belle, il n’empêche à mes yeux, de notre ville première&amp;nbsp;: la gare de l’Est. Là, tout est calme. C’est la gare sage de Paris, rien ne déborde des longues perspectives où un infaillible parallélisme ordonne le monde. Bien sûr, le dépotoir marchand aidant, des échoppes ont poussé dans ses entrailles, le commerce furibonde dans tous les coins, alors que je me souvenais d’un grande solitude où l’œil se perdait dans des fantaisies glorieuses. Je m’y soûlais de kirs avec mon diable d’alors. Avant qu’on aille «&amp;nbsp;pécho&amp;nbsp;»… Une histoire. Là on a meublé de kiosques étriqués, et peuplé d’un bazar flétri de stérilités où l’œil rapetisse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Mais un immense tableau trône sur nous. Un convoi en partance avec un type qui a planté un bouquet de fleurs dans le canon de son fusil. «&amp;nbsp;Ah, un pacifiste&amp;nbsp;», je signale à S. Mais rien du tout, j’apprends &lt;em&gt;via&lt;/em&gt; les tuyaux céans que la toile s’appelle&amp;nbsp;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;a href=&quot;http://pages14-18.mesdiscussions.net/pages1418/Pages-14-18-l-Art-et-la-Guerre/Arts-graphiques/fresque-poilus-depart-sujet_35_1.htm&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;em&gt;le Départ des poilus&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; et est l’œuvre d’un Américain, Albert Herter, dont le fils est parti sur le front et y a rendu l’âme. C’est un départ aux couleurs bien naïves pour un destin combien sombre…&lt;span&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Ce garçon en V de la victoire, avec le populo familial et amical le long du train, chante plutôt le monde retrouvé&amp;nbsp;: on y baigne dans une mièvreté joufflue à l’accent américain.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Nous partons, nous aussi. Sans nul projet guerrier au cœur et glabres impeccables, juste quelques arrière-pensées de conquête avec des chapelets de sourires. Pour un jardin public planqué derrière de hauts murs. Je découvre les lieux grâce à S. Voilà qu’un vieux Parigot s’en fait remontrer par un petit Bamakois.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;Nous nous asseyons devant un populo affalé sur les pelouses que des gardiens de square sillonnent sourcilleux pour que les torses nus ou les soutien-gorge disparaissent sous de civiles frusques. Bon, voilà qu’on nous empêche l’avachissement total. Pas si mal, je me dis faiblement. Puis nous nous mettons à observer des pétanquistes. Tu lances le bouchon du hasard à une distance respectable, et tu vas coller tes boules calculées le plus près possible. Le terrain et ses inconciliants caprices, le bras obéissant à l’œil avec une variabilité à réduire le plus possible, la boule qui trottine au centre de toutes les attentions. Et les parties alignent leurs géométries improbables d’où doit bien ressortir un vainqueur. Pensée pour les astres et leurs galeries momentanées. Ou même la fugacité des légendes qui embrigadent. Ou encore la céleste figure dont nous sommes les fantômes. Le temps passe. Une foutritude presque anarchique, mes compères&amp;nbsp;! Mais avec toute cette géographie désirable au centre de notre cercle de solitude, à S. et moi, planté près d’une heure disparue qu’il sera toujours temps de récupérer. Dans cette attente, on encaisse les trottinements de ce monde en marche douce où autour du bouchon s’égrennent les parties alentour. Puis, le soir venu, S. et moi nous sommes de nouveau confié nos silencieux secrets, au plus près de nos cœurs, posés là.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3504978&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lecercledesolitude.hautetfort.com/media/01/02/844718561.jpg&quot; alt=&quot;e1-r.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;span lang=&quot;FR&quot;&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Le travail de la nuit</title>
<link>http://lecercledesolitude.hautetfort.com/archive/2012/03/17/le-travail-de-la-nuit.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (claude G)</author>
<category>Enclises</category>
<pubDate>Sat, 17 Mar 2012 06:07:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;C’était un hasard les gens avec qui l’on vivait. Le garçon de café, le marchand de charbon, l’institutrice, le vendeur d’automobiles, la belle-fille. Ils étaient les contemporains qu’on avait. La chanteuse, le chef d’Etat, le savant, le président du conseil d’administration, c’étaient les gens avec lesquels on partageait la planète pendant sa vie. Les gens, dans cent ans, seraient différents et auraient d’autres contemporains. Au fond, les contemporains, même vivant sur un autre continent, étaient quelque chose de totalement privé. Ils auraient tout aussi bien pu vivre il y a cinq cents ans ou bien dans cinq cents ans. Mais ils vivaient maintenant, avec lui. C’est ainsi qu’il ressentait la chose, et envers certains contemporains il était tout simplement reconnaissant parce qu’ils vivaient à la même époque que lui, qu’ils respiraient le même air, qu’ils voyaient le même matin se lever, le même coucher de soleil. Et il aurait aimé le leur dire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #800000;&quot;&gt;Thomas GLAVINIC, &lt;em&gt;le Travail de la nuit,&lt;/em&gt; Flammarion, p. 312.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Les bâtards de la gare</title>
<link>http://lecercledesolitude.hautetfort.com/archive/2012/03/07/les-batards-de-la-gare.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (claude G)</author>
<category>Le siècle de S</category>
<pubDate>Wed, 07 Mar 2012 14:47:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3475425&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lecercledesolitude.hautetfort.com/media/00/00/4105787013.jpg&quot; alt=&quot;location.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Suite et fin de notre pèlerinage dominical. Après le Louxor béni de mes spasmes anciens, nous avons descendu le boulevard Magenta. Artère laide et affairée où s’époumonnent quelques arbres et où des boutiques soudoient le chaland avec des vêtements et des godasses sans doute chinois à très bas prix qu’on abandonne là à ceux qui sont pauvres. Ado, j’ai habité dans une petite rue donnant sur cette vilaine pente qui finit à République. Je montre à S. où l’on m’a flingué mes tendres années. Petite famille sans imagination. D’une banale cruauté. Trois fenêtres sous le ciel gris.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Mais, heureusement, nous voici à l’approche d’un autre lieu sacré&amp;nbsp;: la gare du Nord. Les toilettes mythiques ont laissé de drues souvenances à bien du monde, notamment à quelque disgraciée qui, il y a encore peu, moquait du plus profond de ses flaccidités épuisées les lieux glorieux. Les moyens ont leurs haines en troupeau. Là, évidemment, j’ai appris bien des choses sur l’anatomie de mes pairs. Mais trop jeune, trop honteux, trop absent. Je me racontais encore des histoires avec des mignonnettes qui me dévoraient la bouche chez mes parents. Se frottaient à mon extrême maigreur avec des mots doux en enfilade. J’avais 17 ou 18 ans et des désirs inavoués. Aussi, ce fut comme un coup de tonnerre dans ma maigre carcasse à moitié évaporée dans des livres immenses, souvent bien trop grands, où je flottais comme une promesse, lorsque je vis le premier engin vigoureusement branlé devant moi dans ces toilettes aujourd’hui bien sûr disparues, dégagées des petites perfections urbaines où désormais l’on s’entretue par-dessous. Au chapitre des haines ordinaires, je me souviens un peu plus tard de deux massifs bourrins de flics trentenaires qui du sommet de leur virilité transcendant Bobonne le dimanche sont entrés gaillards et vainqueurs du monde et ont balancé à la pitoyable assemblée, en ces temps où l’homosexualité était pénalisée, qui se reluquait les vits peaufinés de caresses par la sainte veuve&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Alors, qui c’est qu’a la plus grosse&amp;nbsp;?&amp;nbsp;» Rires gras. Deux ou trois arrestations plus tard, ils repartaient triomphants. Connards inaltérables.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Dans cette gare, une école du monde, je signale en passant, suffit de s’asseoir et d’apprendre, ça tapine depuis des lustres. S. en connaît un morceau. C’est là que je l’ai rencontré quand il avait 18 ans. Nous voici chez nous, mon coco&amp;nbsp;! Voyons voir ce qui traîne désormais en cette terre promise… Les tapineurs ont changé. Une majorité de Roumains, d’une épaisseur et à l’épiderme blanchâtre qui ne m’inspirent guère. Il y a aussi de vieux michetons que j’ai toujours vus là. Ils sédimentent contre les piliers. «&amp;nbsp;Ceux-là, me lance S., on les appelle les “bâtards de la gare”.&amp;nbsp;» Il m’explique&amp;nbsp;:&amp;nbsp;«&amp;nbsp;Ce sont des RMistes, ils ont pas les moyens, alors ils se vengent. Ils font tout pour casser les plans. Au micheton, ils disent que c’est un mauvais plan, le tapin qu’il veut, parce qu’il va l’agresser, le dépouiller, lui faire des ennuis, etc. Au tapin, ils racontent qu’il sera pas payé, que le micheton a le sida, n’importe quoi pour que ça marche pas. Des ratés. Des jaloux. De vrais bâtards.&amp;nbsp;» On fume un clope devant la gare en laissant le temps nous dessiner quelque chose. Juste un petit Beur délicieux pendu au téléphone qui fait mine de ne pas faire mine, mais c’est clair qu’il cherche, toutefois il fait trop sombre, la pluie nous chasse à l’intérieur où foule de voyageurs s’agglutine dans l’attente. Noyés dans leurs bagages, en partance sous d’autres cieux, qui calculent leur temps au mieux, par peur de s’oublier dans ces vénérables entrailles, où justement le temps s’est comme suspendu, cet enfer incertain, qui va bien les cracher à un moment qui s’affiche, en chiffres ô combien rassurants dans l’immédiat, vers leur vitale délivrance… D’autres bâtards de la gare, mécaniques, fraternels, inconsolables.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Notre gare, à nous, bâtards magnifiques.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3475427&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lecercledesolitude.hautetfort.com/media/02/02/3796572386.JPG&quot; alt=&quot;Gare_du_Nord_night_Paris_FRA_002.JPG&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Retour au Louxor</title>
<link>http://lecercledesolitude.hautetfort.com/archive/2012/03/05/retour-au-louxor.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (claude G)</author>
<category>Le siècle de S</category>
<pubDate>Mon, 05 Mar 2012 12:37:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3471211&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lecercledesolitude.hautetfort.com/media/02/02/2318793815.jpg&quot; alt=&quot;louxor1.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Hier, dimanche grisâtre, je bazarde, malgré tout, mon vilain taf. Le toilettage d’histoires d’amour pour dindes hallucinées sur le retour attendra. S. et moi avons la veille décidé de faire un pèlerinage dominical à Pigalle. C’est notre patrimoine mémoriel à tous deux. J’ai passé mes jeunes années d’homosexuel à Montmartre, lui a sans doute dû michetonner par là.&lt;span&gt;&amp;nbsp; &lt;/span&gt;Parmi cet amas de misères multicolores où touristes et voyous entremêlent leur ennui dans un ballet de petite apocalypse des corps à la limite de leur engendrement industriel, où la flicaille expose ses uniformes pour contrarier le pet chaotique sur le point d’être lâché dans cette avenue viscérale, où de petits tapineurs guettent le micheton en quête d’un peu de chair en feu offerte à ses rêves solitaires, où de jeunes gourgandines démolies par le désespoir du monde traînaillent dans d’obscurs bars qui ont poussé sur l’enfer, les échoppes de sexe qui pulullent les unes sur les autres tracent une destination vers le désert béant de nos solitudes bâillonnées.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;S. et moi nous arrêtons pour déjeuner à l’ex-Cockney Tavern, c’est devenu un machin pour bobos en état postcoïtal aux couleurs sang et argent&amp;nbsp;: le Bistrot Cockney, cherchez l’erreur, m’sieurs-dames. Qu’à cela ne tienne, nous décidons de nous poser en terrasse pour nous sustenter d’une viande sacrifiée et nous enivrer doucement d’un brouilly comme il faut. S. me lance&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;&lt;span style=&quot;text-transform: uppercase;&quot;&gt;ç&lt;/span&gt;’a changé ici&amp;nbsp;! Y a moins la merde.&amp;nbsp;» Pas sûr, mon coco, on est dimanche matin – ou quasi, vu l’économie temporelle des diaboliques –, ils sont encore dans les vapes. Mais c’est vrai que la déco boulevardière s’est enjolivée d’un petit-bougeoisisme pimpant. Fleurettes et compagnie agrémentent la perspective ordurière. Comme de bien entendu, un joli Black m’apercevant est passé et repassé devant nous en me lançant des œillades prétarifées. S. se poile et me dit&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je le vois toujours ici, lui. Quelle que soit l’heure&amp;nbsp;! Incroyable.&amp;nbsp;» J’ai envie de lui répondre que toute façon si ce n’est pas lui, c’est son frère de saint-frusquin. On finit par les confondre. Le petit serveur avec une casquette blanche et une acnée tenace veut nous refiler un max de douceurs conclusives à notre dévoration contemplative des lieux éternels. Ciao, petit gars&amp;nbsp;! On n’est pas des touristes, arrête ton boniment, petit bleu&amp;nbsp;! On est les enfants du monstre où tu viens de poser ta jeune gouaille. A la revoyance&amp;nbsp;! On se carapate direction Anvers, puis gare du Nord.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Décidément, ce dimanche est très mou, humide à cœur et sans conditions très flatteuses à l’horizon. Nous poursuivons notre pèlerinage dans les miasmes, encore au repos à cette timide heure. On note tel changement de boutique, telle mue d’un cinoche à baise sauvage dans les recoins en &lt;a href=&quot;http://www.letrianon.fr/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;haut lieu de culture spectaculaire&lt;/a&gt;, on se souvient – enfin, moi surtout… – qu’ici, d’Anvers à la place du Delta, ça tapinait féroce. Des petits trav qui hélaient au carrefour le bourgeois à quatre roues et à l’idée fixe. Le sida est passé par là, et puis les vespasiennes ont été rasées, et puis le toutim prophylactique a dézingué les chemins clandestins qui empuantissaient la perspective postmoderne. Il en reste bien quelques-uns de nos jours, mais on y joue sa peau…&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Et c’est là, quand le métro sort de terre avec sa grosse ferraille farcie de boulons, que je revois le &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Louxor_%28cin%C3%A9ma%29&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Louxor&lt;/a&gt;. Ah, temple de mes premiers ruts, école de mon septième art de l’autre&amp;nbsp;! C’était un cinéma populaire, quand j’avais 20 ans. Toute une population de frais immigrés y occupaient leurs soirées et surtout leurs dimanches. Pour peu qu’un petit Blanc friand d’exotique esthétique y sombrât le cul en feu, c’était pour lui un banquet initiatique aux saveurs fort pimentées… J’étais alors un cinéphile assez extrême. Aussi, quand S. et moi voyons que la Mairie de Paris a décidé, avec force restaurations du morceau de bravoure architecturale, de rendre le Louxor à sa vocation première, le cinéma (mais enfin, un cinéma sans effets secondaires), eh bien nous sommes sous le coup d’une divine surprise. Et nous nous félicitions que ce vieux garnement de maire rende justice, nous le supputons en nous poilant bien, à ses premiers émois, lui aussi. Bon, alors, certes, on nous fait le coup de la pédagogie dans la rue. Le populo cause beaucoup de nos jours. Mais on est bon clients et on admire les photos du temple qui sont posées sur la palissade autour du chantier. Et puis je me souviens, de celui-ci et encore de celui-là, qui m’ont glorifié l’espace d’un instant sans complication et à qui je dois mes pérégrinations enivrées d’aujourd’hui. Mon cinéma d’amour perdure depuis, j’en utilise les traverses et les recoins pour savourer mes héros, boire leurs mots aux lèvres et m’accorder à leur petite musique pâmée, et le jour où mes cendres voltigeront au vent de l’histoire, il en est une qui prendra racine ici, au Louxor.&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3471221&quot; style=&quot;margin: 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://lecercledesolitude.hautetfort.com/media/00/01/4067688343.jpg&quot; alt=&quot;viewmultimediadocument.jpg&quot; /&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Trois fois rien</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (claude G)</author>
<category>Le siècle de S</category>
<pubDate>Sun, 04 Mar 2012 10:43:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Ça fait un peu plus de deux mois que je vis avec &lt;a href=&quot;http://lecercledesolitude.hautetfort.com/archive/2011/03/15/s.html&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;S&lt;/a&gt;. On est comme deux rescapés tout mangés de solitude mais qui n’ont plus aucune larme pour ce monde. Notre tristesse coule dans nos veines sans qu’on n’ait rien à y redire. S’il fallait qu’on s’en fasse opérer, on dirait au chirurgien, ce jovial couillon au faciès blanchi des dents qui s’étale partout sur nos pages et nos écrans&amp;nbsp;: Allez-y, c’est dans notre bide qu’il vous faut creuser&amp;nbsp;!Et pas qu’un peu&amp;nbsp;! Au marteau piqueur, homme de peu de foi&amp;nbsp;! Déchaînez-vous, saloperie visqueuse&amp;nbsp;! Pourriture baveuse&amp;nbsp;! Crapahutez dans nos entrailles, cochonnerie généreuse&amp;nbsp;! Et mangez tout&amp;nbsp;! Avalez jusqu’au plus petit de nos espoirs&amp;nbsp;! Qu’il reste seulement le désert ultime de notre anonymat. Que l’oubli nous transporte…&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;Mais le délire m’emporte encore sur un micromètre de regret. Comme si j’attendais encore quelque chose. Je regarde d’un œil qui n’est plus tout à fait le mien l’écran des jours et des nuits qui vont se nicher dans mon ventre. L’œil morne, la bouche morte. Sans plus.&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot; style=&quot;line-height: 150%;&quot;&gt;S. mène une existence toute petite qu’il est content d’avoir greffée sur la mienne. Qui ne s’encombre pas davantage de grandes choses. Nous fonctionnons, voilà tout. Qui s’en plaindrait, dites, docteur&amp;nbsp;? On ne se dit pas des «&amp;nbsp;je t’aime&amp;nbsp;», c’est grossier. Il nous arrive de jouir en chœur, avec plein de tendresse sur la peau et du foutre à gogo dans la tête. Le cœur mélancolique. On petit-déjeune ensemble chaque matin, et voilà, la journée va être supportable. On se raconte des trucs de nos vies passées, la kermesse foireuse de chacun. On rigole d’un poil de chose, ça nous dégage les voies respiratoires et dénoue la circulation dans son ensemble et étourdit un peu l’air ambiant dans sa sombre et mécanique partition. La machine ronfle, docteur&amp;nbsp;! Le soir, on se retrouve et on se retrouve et on se retrouve. Apaisés, confiants dans cette minute à nous deux. Et nous causons du trois fois rien qui a hanté notre journée à chacun. Et puis on va dormir, tranquilles, tranquilles, tranquilles, sous le toit de notre solitude partagée. Jusqu’à demain, peut-être. Peut-être. Peut-être.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Sibelius</title>
<link>http://lecercledesolitude.hautetfort.com/archive/2012/01/29/sibelius.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (claude G)</author>
<category>Enclises</category>
<pubDate>Sun, 29 Jan 2012 18:36:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x27hr3_shlomo-mintz-joue-sibelius_music&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Shlomo Mintz joue Sibelius.&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Les palais du plaisir</title>
<link>http://lecercledesolitude.hautetfort.com/archive/2012/01/29/les-palais-du-plaisir.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (claude G)</author>
<category>Enclises</category>
<pubDate>Sun, 29 Jan 2012 06:49:00 +0100</pubDate>
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&lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;« Supprimez les drogues ou le sexe, vous ne supprimerez pas les besoins du crime, les cancers du corps et de l’âme, la propension au désespoir, le crétinisme-né, la friabilité des instincts. Vous n’empêcherez pas qu’il y ait des âmes destinées au poison de l’isolement, de l’onanisme, de la faiblesse enracinée. Le poison de l’alcool, de l’antisociabilité. Il y a des âmes incurables et perdues pour le reste de la société. Supprimez-leur un moyen de folie, et elles en inventeront dix mille autres. Elles créeront des moyens plus subtils, plus furieux, des moyens absolument désespérés. L’humanité en elle-même est antisociale. Laissons se perdre les perdus. Ils le sont par nature. Toutes les idées de régénération morale n’y feront rien. Il y a un déterminisme inné, il y a une incurabilité indiscutable du suicide, du crime, de l’idiotie, de la folie. Il y a un cocuage invincible de l’homme, il y a une friabilité du caractère. Il y a un châtrage de l’esprit. L’enfer est déjà de ce monde et il existe des hommes qui se sont évadés malheureux de l’enfer, destinés à recommencer éternellement leur évasion. Et assez là-dessus.&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Personne ne pleure les morts. Ils pleurent pour eux-mêmes… ceux qui vivent à travers la mort. Nous qui, dans nos douleurs individuelles, rejouons les mêmes scènes horribles dans les métros et les appartements et les boîtes de nuit et les bars et baignons dans cette nécropole gorgée de sang où la fatigue et l’intuition de la catastrophe rendent insupportable le sexe sans sécrétions – où les palais du plaisir sont devenus des chambres de torture, dans cette zone morbide de la mémoire fausse. »&lt;/p&gt;&lt;p&gt;Lydia LUNCH, &lt;em&gt;Déséquilibres synthétiques,&lt;/em&gt; Au diable vauvert, pp. 100-101.&lt;/p&gt;&lt;/blockquote&gt;
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<title>Lettres à Yves</title>
<link>http://lecercledesolitude.hautetfort.com/archive/2012/01/17/lettres-a-yves.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (claude G)</author>
<category>Hors champ</category>
<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 09:58:00 +0100</pubDate>
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&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Où j’ai relevé&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;La vérité n’appartient qu’à ceux qui la savent, les autres ont le droit d’avoir celle qu’ils se sont inventée.&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Et l’envoyeur d’outre-tombe, Pierre Bergé, s’adressant à son amant défunt, Yves Saint Laurent, n’en dit plus. Il pose cette singulière pierre après avoir laissé la mère d’Yves, en fin de vie, dans la conviction d’avoir eu avec son fils un rapport privilégié…&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Et la seule leçon que je parviens à tirer avec beaucoup de mal de cela est que, de loin en loin, nous ne voyons pas ce qui nous voit. Leçon très improbable…&lt;/p&gt;&lt;p class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;Une seule certitude à quelques degrés plus bas à propos donc des «&amp;nbsp;autres&amp;nbsp;»&amp;nbsp;: que ceux qui s’équipent toute affaire cessante d’un appareil critique dégoulinant d’huile (les «&amp;nbsp;nains perfides&amp;nbsp;», comme les appelle Nieztsche) au-delà, très au-delà de la tragédie du monde se gardent de poser leurs sales mains graisseuses sur moi&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
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